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Nous enregistrons à ce jour un cumul de 9178 cas testés positifs au Coronavirus en RDC. (INRB)

De gauche à droite : Mulumba Kanyinda Patrick, coordinateur en charge du secrétariat technique de la campagne ; Maître José Kadima, coordonnateur principal de la campagne ; Bokito Guylain, coordonnateur en charge des relations extérieures de la campagne.

Publié le 01-07-2020 à 12:56:20 Actu Politique

Tribune : Comprendre ESPRIT PUBLIC par definitions : Engagement, culture et philosophie

30 juin 1960 - 30 juin 2020, jour pour jour que la République Démocratique du Congo va célébrer ses soixante ans d'existence, en tant qu'État.

De cette existence en six décennies, bientôt, se pose, dans la conscience collective, un problème sérieux de diagnostic, une sorte d'autocritique de la situation générale du Congo.

Diagnostiquer la situation du Congo, après soixante ans, est une responsabilité consciencieuse qui revient, exclusivement, qu'aux congolais eux-mêmes. C'est un exercice citoyen et républicain qui va permettre, de manière efficace, la projection d'un nouveau Congo, et donc d'une nouvelle direction d'existence pour notre peuple.

En effet, c'est en marge de la date commémorative de notre accession à l'indépendance, le 30 juin, qu'un collectif des jeunes congolais s'est réuni, sous la conduite de Maître José Kadima, en vue de s'acquitter de cet exercice citoyen et républicain de portée historique.

Il en ressort de ce diagnostic que la République Démocratique du Congo, soixante ans après, n'a pas du tout connu de l'évolution substantielle de manière générale. Les causes sont innombrables, de cette absence d'évolution, que nous ne saurions ici dresser de manière exhaustive.

Il se dégage, tout de même, de ces innombrables causes, une cause première qui explique toutes les autres: c'est le manque criant, dans le chef des congolais, de l'esprit public, ce supra-entité métaphysique qui se place au dessus du soi et de l'individualisme.

Les congolais de soixante ans d'existence du Congo s'est caractérisé plus par le souci de l'autosatisfaction individuel. Le congolais, pendant soixante ans, n'a fait que penser <>, au détriment du <> de la collectivité.

L'intérêt privé guide l'action du congolais, au sacrifice sans remords de l'avenir de la république.

Cette attitude irresponsable d'égoïsme caractérisé a fait payer à la République Démocratique du Congo, notre pays, le plus lourd tribut de l'existence en tant que nation, à savoir : le sabordage de sa liberté et le bradage de sa souveraineté.

Soixante ans après, l'État congolais est en décomposition presque ; et la situation générale du Congo est plus qu'indescriptiblement lamentable. L'esprit privé, ce démon de l'opprobre de tout un peuple, a prix en otage le bien commun des congolais de toutes les générations. L'avenir du Congo, à cet effet, plane dans le vide du désespoir. Il faut, aussitôt, agir pour sauver la république et son avenir, pour des générations futures. Parce que l'esprit privé est cet agent pathogène très mortel qui cause la mort systématique d'un peuple ; c'est aussi un prédateur très dangereux qui détruit, sans pitié aucune, la vie d'un État et d'une nation.

Soixante ans d'être État et République venait d'être marqué le 30 juin de cette année. Nous y sommes déjà. Et cette date, cette fois-ci, ne doit pas seulement être simplement commémorative, mais aussi et surtout inaugurale d'une nouvelle ère pour la République Démocratique du Congo, celle de l'ESPRIT PUBLIC , fondement de l'existence d'un État qui garantie à toutes ces filles et fils le bien-être dans le vivre-ensemble, en vue du bien vivre-ensemble.

En fait, l'ESPRIT PUBLIC est un appel au retour au fondamental de ce qui est État, et donc de ce qui est République. Ce 30 juin 2020 devait être celui, en effet, de l'installation des bornes qui va marquer, d'une part, la rupture de l'homme congolais avec l'égocentrisme caractérisé, pendant soixante ans ; et, d'autre part, la séparation entre l'ancien Congo, celui donc caractérisé par L'esprit privé, et le nouveau Congo, celui caractérisé par l'ESPRIT PUBLIC, dimension supra individualiste de la conception de l'État.

Le Congo de la séparation et de la rupture est celui que nous voulons meilleur pour des générations futures. Et ce Congo exige de nous, aujourd'hui, du sacrifice, de l'abnégation et du dévouement. C'est avec cet état esprit, seulement, que nous relèverons le défi de notre génération, celui en effet de léguer aux générations futures un Congo des valeurs.

Du coup, l'ESPRIT PUBLIC se donne à comprendre comme un élan de changement et un effort dialectique de nouvelle citoyenneté. Il est, ce qu'il faut dire de lui, un besoin mieux, je dirais une volonté manifeste d'imprimer, dans le mental collectif des congolais, une nouvelle culture identitaire et caractéristique.

L'esprit public ne sépare pas l'homme de son individualité, étant donné que celui-ci est être. Et, donc, l'ESPRIT PUBLIC n'a pas pour vocation de supprimer l'être. Il ne s'inscrit nullement dans la logique du nihilisme de l'homme.

L'homme, dans son individualité, est une valeur inestimable et qui ne peut être réduit. Et c'est cette individualité, d'ailleurs, qui est à l'origine de l'État. Parce que, en réalité, l'État est l'expression des volontés mise ensemble, des individus, au profit d'une volonté commune de vivre-ensemble, pour se garantir notamment le bien-être collectif.

C'est-à-dire que les individus se mettent ensemble pour former une communauté de destin. C'est dans cette volonté commune, justement, que l'esprit public prend tout son sens d'existence, en tant qu'expression le mieux de cette même volonté.

En fait, L'esprit public vient rappeler à l'individu congolais que, à partir du moment où votre volonté individuelle avait cédé sa place à la volonté supra-soi (c'est-à-dire la volonté collective), votre individualité devait être, automatiquement oubliée et sacrifiée au profit bien entendu de la collectivité formée qui est la République. L'esprit public, en réalité, est une forme d'expression qui donne suite à son engagement de s'oublier et de se sacrifier soi-même, en tant qu'individu, pour être plutôt l'État, la nation et la République.

L'ESPRIT PUBLIC est cette sagesse qui nous rappelle, aujourd'hui, notre engagement vis à vis de l'autre qui incarne l'État. L'oubli et sacrifice de soi, entant qu'ego, tel est l'esprit public, fondement d'un État qui se veut progrès et évolution.

Ce fondement de l'État qui est l'ESPRIT PUBLIC s'explique en trois définition, à savoir : engagement, culture et philosophie, et qu'il faille l'enseigner à nos enfants, dans un programme d'éducation repensé, si l'on veut avoir un nouvel homme congolais.

1. L'ESPRIT PUBLIC entant qu'engagement.

Le postulat : "se considérer toujours comme un citoyen soumis aux devoirs du bien, dans la République des volontés ; et jamais plutôt comme un individu soumis aux intérêts de ses égos".

En effet, ce principe indique l'orientation que doit prendre l'homme dans la République, lorsque celle-ci est considérée comme étant l'expression de la volonté commune de ses membres de vivre en communauté de destin. L'homme, dans la République, doit toujours être citoyen et pratiqué, à tous égards, de la citoyenneté dans ses rapports avec la République.

Un citoyen est celui-là qui s'engage, avec dévouement, abnégation et sacrifice, aux efforts de progrès de son pays. Un citoyen est celui-là qui pense, avant tout, la République ; il se préoccupe, avant toute chose, au développement de son pays, c'est pourquoi il se décide résolument de lui rendre toujours un service de qualité, par ses prestations.

L'ESPRIT PUBLIC, entant qu'engagement, est donc une disposition d'esprit à mener un combat pour les valeurs et à militer, sans désemparer, pour des causes justes, notamment le respect de ce qui revient à tout le monde, pour le bien et le bonheur de tout le monde.

La maîtrise, par le citoyen, des rapports ontologiques entre citoyen-citoyenneté- république est la condition indispensable de l'éclosion d'un peuple et d'une nation.

2. L'ESPRIT PUBLIC entant que culture.

Le postulat : "si ce que l'on veut est progrès et développement, il va falloir alors toujours s'oublier soi-même, pour ne considérer que l'intérêt général, dans tout ce que l'on pose comme action".

Ce principe, celui donc de vivre-ensemble, édicté par L'esprit public, veut imprimer dans le mental collectif des congolais la culture de la responsabilité.

Il se veut, sur ces entrefaites, une remise en question de façon continue du citoyen congolais, en vue de l'amélioration de sa conduite. C'est-à-dire que celui-ci se doit à tout jamais se considérer comme responsable dans ce que le Congo enregistre comme échec. Sa conduite doit toujours s'orienter dans le sens de l'intérêt général, pour le bien et le bonheur de tous.

L'ESPRIT PUBLIC est donc un comportement et une attitude positive qu'on adopte vis à vis de la République, en ce qu'on lui apporte le meilleur de soi, afin de garantir, à tout le monde, le bien-être collectif. Chaque congolais est responsable de tout congolais ; il doit s'assurer qu'il ne porte pas, par son comportement, atteinte au bonheur qu'aspire légitimement ses compatriotes. La noblesse d'esprit devra toujours le caractériser.

L'ESPRIT PUBLIC, c'est toute une éducation de l'excellence qui enseigne la culture du respect dû à la chose publique ; mais aussi le respect de l'environnement. Il fait comprendre, dans le même ordre d'idée, la pertinence de l'attachement à l'intérêt général, dans l'action que devra mener tous citoyens, en ce qu'il est le gage du développement et de progrès intégral de toute société humaine, y compris la notre.

La culture de l'excellence est valable aussi bien pour les charges publiques comme pour le privés. Autant pour celui qui accède aux charges publiques, c'est-à-dire la gestion de la chose publique, se doit de s'aquitter de ces responsabilités en toute loyauté et en fidèle serviteur du peuple ; autant pour celui qui est dans la gestion du secteur privé de droit, également, de s'aquitter, en ce qui le concerne, de ses obligations fiscales vis à vis de l'État. C'est aussi cela justement l'ESPRIT PUBLIC.

La culture de l'excellence a de la répugnance pour la fraude, cette attitude égoïste et individualiste du bonheur qui a participé de manière considérable à l'avilissement de notre République, soixante ans durant. La culture de l'excellence qu'apporte l'esprit public répugne, également, au népotisme et au clientélisme, les considérant ainsi comme des anti-valeurs qui ont indescriptiblement détruit notre État. L'ESPRIT PUBLIC, c'est cette volonté manifeste de construire un Congo des valeurs à recycler et à découvrir où tout se mérite, et rien n'est au hasard. La culture de l'excellence, c'est donc celle de la méritocratie des compétences et non d'appartenance : l'homme qu'il faut à la place qu'il faut.

Considéré comme culture, l'esprit public, somme toute, on peut donc dire de lui que c'est un effort spirituel de migration vers l'excellence, en tournant bien évidemment le dos à la médiocrité caractérisée six décennies durant.

3. ESPRIT PUBLIC entant que philosophie.

Le postulat : "il n'y a de culture des peuples que ce que donne la philosophie, par rapport à la vie en communauté en ce qui concerne le bonheur."

En effet, la culture pour un peuple donné dépend de la qualité de sa conception du bonheur.

La vision qu'on a de la vie, à propos du bonheur notamment, détermine le comportement (culture) d'un peuple vis à vis de soi-même. Il est compromettant, ce comportement, lorsque le bonheur est réduit à une conception individualiste. Et il est progrès pour le peuple, ce comportement, lorsque le bonheur est intégration dans sa conception.

Et la question fondamentale qui s'impose, maintenant, en rapport avec la situation déplorable de notre pays, après soixante ans d'indépendance, est justement celle de savoir : quelle est la conception que les congolais ont du bonheur (réussite et succès), dans leur vie entant que peuple ?

La réponse, à cette question, est très simple. C'est que le congolais on a appris, et continue à apprendre, c'est que le bonheur est un défi professionnel et individuel ; il ne concerne que le <> de l'égoïsme.

Depuis le bas âge, en famille et à l'école, on apprend faussement à l'homme congolais qu'il étudie pour sa vie ; pour qu'il réussisse dans sa vie ! Déjà à partir de ces fondamentaux de l'homme, le congolais est mal orienté pour ce qui concerne la philosophie de la vie. Toute sa vie durant, il aura tendance à ne croire que le bonheur ne se résume qu'en sa personne.

Si lui, seulement, est en bonheur, ces soucis se suffisent. Le sort de l'Autre ne le concerne nullement. Et bien parce que, justement, on ne lui a jamais appris, à la maison tout comme à l'école, que le bonheur est une question d'ensemble, de la communauté toute entière. Le véritable bonheur, c'est lorsqu'il est partagé par l'ensemble de la communauté.

Celui qui a grandi avec, à l'esprit, la conception individualiste du bonheur ne travaillera jamais pour le bonheur collectif. Son instinct égoïste, entretenu depuis son enfance, par cette conception individualiste du bonheur, lui commandera à la médiocrité, une fois qu'il accède aux charges publiques. Il ne pensera, en ce moment là, qu'à son propre bonheur. Il va se souvenir qu'on lui disait, depuis son enfance, que le bonheur s'est résumé en lui. Et les autres, ce n'est pas du tout son problème. Et la victime immédiate de cette fausse conception du bonheur, c'est bien les caisses de l'État.

Le bonheur collectif est hypothéqué au profit du bonheur individuel. Ce qui est public est privatisé, au non du bonheur singulier.

Voilà notre drame, pendant soixante ans de vie commune ent ant que peuple. Physiquement, on sait ensemble. Mais mentalement, on ne le suis pas. Dans notre mentalité collective, c'est plutôt l'égoïsme qui nous caractérise. La poursuite du bonheur individuel est le leitmotiv de cette attitude égoïste. Il faut changer de paradigme conceptuel de la vie en communauté. C'est dans cette perspective, justement, que l'Esprit public se propose comme ce nouveau paradigme philosophique en remplacement de celui de l'égoïsme consacré.

En substance, l'ESPRIT PUBLIC est cette philosophie de la vie qui se fonde sur le principe du bonheur collectif de la communauté. Le bonheur doit toujours être considéré comme la chose destinée à l'ensemble de la communauté. Le bonheur n'est bonheur que lorsqu'il se vit, également et en premier, chez l'Autre. Cette philosophie du bonheur collectif peut-être qualifiée de <> Cette philosophie imprime dans la conscience morale du congolais l'idée du <>. Je suis tenu à penser, en premier, le bonheur de l'Autrui, avant le mien. Les soucis pour l'Autre se placent au dessus de mes soucis propres. Le bonheur pour l'Autre, c'est servir. Voilà, le sens de l'État. Et, donc, voilà le sens de la République.

Cette philosophie de la responsabilité doit être enseignée à l'école et apprise au niveau déjà de la famille et même à l'église. Déjà, à son jeune âge, pratiquement cinq ans, le congolais doit apprendre les notions du bonheur collectif. On doit lui faire comprendre qu'il étudie non pas pour soi-même, mais plutôt pour la République. Il doit savoir que toutes les connaissances qu'il est ent rain d'acquérir devraient, en premier lieu, servir la République, pour son progrès. Grandir avec cet état d'esprit, le congolais ne sera jamais,  demain, le bourreau de la République, en se servant de la caisse de l'État pour son propre bonheur. Servir son propre bonheur, c'est ce qu'on ne lui a jamais appris ni en famille, ni à l'église et encore moins à l'école.

Il faut donc, pour se faire,  envisager des grandes réformes dans le secteur de l'éducation et l'enseignement national de manière à repenser le contenu de ces instruments de culture qui sont : l'éducation et l'instruction. Il faut donner un accent particulier aux cours de civisme et morale.

En résumé, on peut donc dire de l'esprit public, en tant que philosophie, que c'est volonté d'éducation et moralisation des congolais pour une meilleure culture, en vue du bien vivre ensemble.

Les orientations définitionelles de l'ESPRIT PUBLIC (engagement, culture et philosophie), en ce qu'il est élan d'un processus de reconstruction spirituelle de la mentalité congolaise, a ceci de formule sociétale existentielle : citoyenneté = intérêt général = bonheur collectif. Cette formule répond à des interrogations suivantes :

1. Quel est, en tant que peuple, notre engagement patriotique vis à vis de l'État ?
2. Quelle est, en tant que peuple, notre culture du développement ?
3. Quelle est, en tant que peuple, notre philosophie de vivre ensemble ?

La réponse à la première question est la citoyenneté ; à la deuxième est l'intérêt général ; et à la troisième est le bonheur collectif.

Mulumba Kanyinda Patrick, philosophe et coordinateur du secrétariat technique de la campagne ESPRIT PUBLIC.

Lu par: 228 Personnes



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Commentaires par article

Lars Malcolm E

Quel bel article! Merci Cher Patrick

Publié le 01-07-2020 à 17:17:36
Crispin lokebo

Toutes mes félicitations

Publié le 01-07-2020 à 16:32:56
Bokito

Félicitation cher Mulumba Patrick pour ce texte très pertinent

Publié le 01-07-2020 à 16:00:11
Fabrice

Félicitations pour votre travail

Publié le 01-07-2020 à 15:16:46

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